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L’association Confluences organise cette année un festival autour de « Camus, notre contemporain », à Montauban. Pour l’avant-première et l’ouverture de ce festival, en partenariat avec la Fondation d’entreprise La Poste, la Société littéraire a reçu, au Studio Raspail, deux grands artistes : Maurice Petit et Didier Bezace.

Lectures émouvantes et passionnées

Le 14 octobre 2013, ils ont déclamé des extraits du roman autobiographique mais inachevé de Camus, Le Premier Homme. Ils ont également lu des correspondances entre Albert Camus et Louis Germain. Louis Germain fut, en Algérie, l’instituteur de Camus et lui permit de poursuivre ses études au lycée en convaincant la grand-mère et la mère d’Albert Camus de renoncer, afin d’obtenir un revenu complémentaire pour cette famille nécessiteuse, à le placer en apprentissage. Il prépara Albert Camus à présenter avec succès, avec trois de ses camarades, le concours des bourses et lui ouvrit ainsi l’accès aux études supérieures. Camus n’oubliera jamais.

Au fil des lectures, c’est un portrait lumineux et très émouvant d’Albert Camus qui se dessine. Complices, les deux artistes ont lu de façon magistrale et particulièrement touchante. Complices, les deux lecteurs nous ont fait découvrir l’affection mutuelle entre Albert Camus et Louis Germain. Leur correspondance simple et magnifique montre une véritable filiation intellectuelle et un attachement profond, manifestes à la lecture de leur correspondance.

Le Premier Homme

En 1959, Camus estime : « Je n’ai écrit que le tiers de mon oeuvre. Je la commence véritablement avec ce livre. » Le Premier Homme est le grand projet d’Albert Camus. Inachevé, ce magnifique roman autobiographique paraîtra en 1994. Pourquoi un titre si puissant ? Le titre de ce roman trouve son origine dans l’une de ses plus belles scènes. Au cimetière de Saint-Brieuc, le fils (Albert Camus) découvre que « l’homme enterré sous cette dalle et qui avait été son père était plus jeune que lui ». La mort de ce « père-cadet » fait désormais du narrateur, par la force des choses, le premier homme.

Les correspondances entre Albert Camus et Louis Germain

A l’école communale, dans le quartier populaire de Belcourt à Alger, en 1923, Albert Camus a pour instituteur Louis Germain né en 1884 et mort en 1966. Ce dernier marque Camus par sa personnalité, par sa pédagogie. Il influence profondément le cours de sa vie en l’aidant à entrer au lycée. Louis Germain, c’est le très émouvant Monsieur Bernard dans le roman Le Premier Homme. Quand Camus reçoit le prix Nobel de littérature, il écrit tout naturellement à son instituteur – à qui il dédie son Discours de Stockholm – une lettre qui est universellement connue. Il est émouvant de constater que ce courrier n’est qu’une partie d’une correspondance plus ample et essentielle pour mieux connaître Camus, notre contemporain.

Maurice Petit

Après une longue expérience de comédien amateur, Maurice Petit se consacre ensuite professionnellement au théâtre, au cinéma et à la télévision. Parallèlement passionné de littérature, il crée, avec son épouse Nicole Murcia-Petit, l’association Confluences en 1990 qui conçoit et organise la première édition du Festival littéraire Lettres d’Automne à Montauban. La notoriété de ce festival, qui en 2013 en sera à sa vingt-deuxième édition, est désormais nationale.

Directeur artistique de Lettres d’Automne, Maurice Petit élabore avec toute l’équipe de Confluences le programme du festival et crée lors de chaque édition, expositions originales, lectures et spectacles autour des œuvres célébrées. Ces mêmes prestations artistiques pour tout public partent en tournées nationales et à l’étranger. Ces tournées ont rassemblé plus de 200 000 spectateurs depuis 1992. Parallèlement, Maurice Petit poursuit ses activités artistiques autour de son métier de lecteur et de comédien. La passion littéraire, le goût de la transmission, la pratique de la lecture à voix haute et l’interprétation au service de la littérature sont le fil rouge de son parcours personnel et professionnel.

Didier Bezace

Élève comédien du Centre universitaire international de formation et de recherche dramatique de Nancy, Didier Bezace a reçu les enseignements de Bernard Dort, Jean-Marie Patte, Gilles Sandier, Maria Casarès et Henri Gourbion. Après 1968, il participe à l’Université du Théâtre des Nations, puis décide, en 1970, de s’engager dans une aventure professionnelle, avec la création collective de La jeune lune tient la vieille lune toute la nuit dans ses bras en 1976. Les comédiens du Théâtre de l’Aquarium recueillent la parole des ouvriers, qui occupent leur lieu de travail, pour en faire un spectacle militant. Il participe à tous les spectacles de la compagnie en tant qu’auteur /acteur / metteur en scène. L’autogestion est appliquée tant pour les travaux d’aménagement, que pour l’organisation du budget et des tournées. Ensuite, Didier Bezace prend la direction du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers et ce, depuis 1971. Il continue d’être acteur de cinéma et de télévision.

Pour aller plus loin :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Bezace

Confluences

L’aventure de l’association Confluences comme du festival Lettres d’Automne a débuté en 1991 par l’organisation de Journées Albert Camus à Montauban. Le centième anniversaire de la naissance de l’auteur en 2013 offre l’opportunité de créer un premier évènement littéraire, qui se prolongera plus amplement encore lors des 23ème Lettres d’Automne consacrées en novembre à Albert Camus, en présence de nombreux écrivains et artistes. Ces différentes rencontres devraient permettent de comprendre et ressentir les raisons profondes qui ne cessent de nous lier à cette œuvre et font d’Albert Camus un si précieux contemporain.

Pour aller plus loin :

http://www.confluences.org/Albert-Camus-notre-contemporain

La Fondation d’entreprise La Poste

Fidèle aux valeurs du groupe La Poste, La Fondation soutient l’expression écrite en aidant l’édition de correspondances, en favorisant les manifestations artistiques qui rendent plus vivantes la lettre et l’écriture, en encourageant les jeunes talents qui associent texte et musique et en s’engageant en faveur des exclus de la pratique, de la maîtrise et du plaisir de l’écriture…

Elle aide l’édition de correspondances et apporte son soutien aux manifestations qui valorisent, complètent ou illustrent les correspondances et leur écriture.
Cette fondation encourage les jeunes talents qui se manifestent dans 
l’écriture de textes associés à la musique.
Enfin, elle soutient la diffusion, notamment sur Internet, de l’information littéraire.

Pour aller plus loin :

http://www.fondationlaposte.org/article.php3?id_article=1538

 

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