Missives

La revue de la société littéraire

Missives – Chomo

   
Chomo

Résumé

Lorsque l’on voulait rendre visite à Chomo : Village d’Art Préludien, Achères-la-Forêt, 77116 Ury (en venant de Paris, autoroute du Sud sortie Ury, après Fontainebleau). Visites samedis, dimanches et fêtes, à partir de 14 h.

SOMMAIRE

  • Chomo : Aujourd’hui le temps est calme
  • J. Rasle : Chomo – créateur multiple
  • Chomo : Poèmes
  • J. Rasle : A bâtons rompus avec Chomo
  • J.-H. Martin, S. Fauchereau : En marge (dialogue)
  • Eléments biographiques
  • Filmographie, reportages, expositions
  • Chomo : Aux hommes de la terre remuée
  • Chomo : Chomo retrouvant le poids de la terre
 
CHOMO – ELEMENTS BIOGRAPHIQUES chomo2Roger Chomeaux, dit « Chomo », est né le 28 janvier 1907 à Berlaimont, un petit village du Nord de la France, dans une famille très modeste. Initié au spiritisme par sa tante et depuis toujours passionné de dessin, de poésie et de modelage, il obtient sans grande conviction son Certificat d’Études et se fait inscrire à l’École des Beaux-Arts de Valenciennes (Académie de Sculpture), puis aux Beaux-Arts de Paris où il gagne plusieurs prix. Marié et bientôt père de famille, il travaille comme décorateur de tapis quand survient la guerre. Déporté en Pologne, il simulera la surdité pour obtenir un rapatriement sanitaire.   De retour en France, responsable de trois enfants et incapable de gagner sa vie avec son art, il essaye d’abord de petits métiers, puis, harcelé par sa famille, préfère se retirer, seul, en pleine forêt de Fontainebleau, sur un terrain acheté par sa femme pendant l’Occupation. C’est là qu’il va vivre, dans le dénuement matériel le plus complet, et oeuvrer durant plus de quarante ans, bénéficiant, comme tous les ermites, d’une liberté totale qu’il payera jusqu’à aujourd’hui du prix parfois exorbitant de l’inconfort et de la solitude. D’abord, forcé de se fournir sur place en matériaux et d’explorer les sous-bois et les décharges publiques, il développe la technique du « bois brûlé », puis celle des plastiques fondus, apprend à travailler le grillage et à utiliser les variétés de sable de la forêt. Pour abriter ses oeuvres, de plus en plus nombreuses, il doit construire des bâtiments : avec des arbres morts, des pierres, du grillage, du staff et des bouteilles, il crée ainsi « l’Église des Pauvres », le « Sanctuaire des Bois Brûlés » et le « Refuge », appelé aussi à l’origine le « Remorqueur Réfrigéré ». Les premiers visiteurs commencent à se manifester : c’est la naissance du Village d’Art Préludien. En 1960, à la galerie Jean Camion, à Paris, rue des Beaux-Arts, il avait fait sa première et unique exposition. Une manifestation spectaculaire, accompagnée d’une musique de sa composition, qui avait attiré l’attention d’André Breton et des derniers surréalistes. Depuis Chomo s’expose lui-même sur son petit hectare de forêt et vit de ce que lui donnent en repartant ses visiteurs. Il consacre ses samedis et ses dimanches à initier son public aux secrets de sa création. Extrait de l’article de Laurent Danchin, paru dans Raw Vision n°1

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